Bien chiner, chiner malin

Gringoire et Grégoire, biscottes et pain d'épices

Cliquez pour agrandir l'imageLa légende : un saint ermite, Grégoire vint d'Arménie en 992 s'installer dans une grotte à proximité de Pithiviers ou il mourut en l'an 999. Il apporta de son pays la recette d'un gâteau fait de miel et d'épices qu'il composait lui-même à la mode de sa lointaine patrie. On ne peut parler de Gringoire sans parler du miel du Gâtinais. Les Rois de France, qui aimaient séjourner dans le Montargois et le Pithiverais, appréciaient déjà ce nectar, issu des fleurs des champs et des arbres fruitiers pour sa finesse.

Quant à Gringoire, la maison aurait fondée en 1500 et brevetée en 1817, comme l'indique une facture de la S.A des Etablissements Gringoire en 1932 mais rien n'est certain.

En fait, les entreprises Grégoire/Gringoire, fabricants de pain d'épices, de biscuits et biscottes, de confiserie et de miel ne font qu'un dans leur fief de Pithiviers en Gâtinais. Le service de publicité est, quant à lui, basé à Levallois-Perret.

L'entreprise va jouer sur deux tableaux, les mêmes produits sous deux marques aux logos bien distincts : le lapin trompettiste, baptisé Gringo et imaginé par une certain Barnier pour la marque Gringoire, et des martinets bleus pour la marque Grégoire.

Les produits sont variés : les chocos, la couque et le pain d'épices, les biscottes, le miel, les bonbons, les sablés, les petits beurres, les gaufrettes, les noisines, le cake et même des chips et des pâtes.

En 1961, ils déménagent à Mantes la Ville à la place des filatures Le Blan (L'usine ferme ses portes en 1974).

La biscuiterie «Grégoire » fête son 75 ème anniversaire en 1966, en organisant un gala au Palais des Sports. Un disque 45 tours immortalisera même l'évènement.

Grégoire va disparaître au profit de Gringoire afin d'éviter toute confusion auprès des consommateurs qui se tourneraient ainsi vers la concurrence.

La pub va bon train dans les magazines de jeunesse dont  une BD publicitaire dans Tintin en 1965 ou Gringoire présente les mérites de ses goûters au travers d'écoliers Pierrot, Thierry et Marc.

En 1968, le groupe américain Pillsbury qui possède déjà Gringoire, prend le contrôle de Brossard. Les deux sociétés fusionnent en 1975 pour former le groupe Gringoire-Brossard.

A cette occasion, un camion Corgi, Brossard d'un coté, Gringoire de l'autre, est fabriqué.

En 1994, Gringoire Brossard et Brossard Surgelés se recentre en seul groupe, Brosssard.

A nos jours, sur le site Brossard de Pithiviers (maison fondée en 1832 par le pâtissier Georges Brossard) sont fabriqués les fameux produits : Savane, Brownies et cakes.
La biscuiterie Gringoire est basée désormais à Saint Jean d'Angely, ville de Georges Brossard. Le logo a été relooké plusieurs fois mais reste toutefois un lapin.

En 2013, la biscuiterie est à vendre et la société « les comptoirs du biscuit » est en dépôt de bilan.

Les cadeaux et primes, le bonheur des collectionneurs

Grâce aux bons d'épargne jusqu'en 1966, ont pouvait recevoir de nombreux cadeaux : des torchons, des boites plastiques avec couvercles, des couverts, des jeux de carte, des stylos, une superbe 2CV miniature surmontée d'un lapin, des sachets de bonbons au miel Gringoire, une grande bonbonnière, des filets à provision, des gants.

En plus des cadeaux, souvent à la couleur des deux marques, une multitude de buvards et de grandes images, probablement des centaines, ont vu le jour. Les collectionneurs seront comblés en dénichant des calepins d'épicier, des portes-clef (dont celui avec le chapeau magique), des boites en métal, des pistes de jeu de dés, une bouteille de lait sérigraphiée(Grégoire), des calots en papier et des visières en carton, des verres, des badges carrés (1968), une règle d'écolier, les boites magiques offertes avec les noisines (plusieurs coloris), des marques pages, une peluche du lapin, un lapin gonflable, des protèges cahier, des cartons PLV et un rare automate.

Les buvards signés « COQ » de son vrai nom Luis Garcia Gallo) sont les plus prisés.

Des collecteurs d'images sous la marque Grégoire ont également été proposés (  150 images pour un album « Sport et Dance » et un ensemble de quatre collecteurs « La France » dans un étui représentant plus de 500 images), des collecteurs d'écussons en feutrine des provinces et villes françaises, que l'on trouvait dans les paquets de biscottes allégées, dont un écusson paquebot France.

Plus récemment, un partenariat Gringoire/Schtroumpfs proposa des minis livres, une valise et un schtroumf mangeant un gâteau sur un socle blanc.

(Source : 50 marques françaises, histoire et objets publicitaires par Francis Elzingre)

Le magazine « L'illustration »

Le premier numéro de « L'Illustration »  a vu le jour le 4 mars 1843 à Paris pour disparaitre en 1944.
Chaque numéro porte sur la première de couverture le titre « L'Illustration » et le sous titre « >Journal Universel » et, en quatrième couverture, une publicité pleine page. 
5293 numéros hebdomadaires au total, et de nombreux numéros spéciaux, toujours en respectant sa ligne de conduite : informer sans prendre parti. Cependant, à partir du numéro 5076 de Juin 1940, les journalistes commencèrent à déroger à cette règle.
L'Illustration se félicitant dans son numéro du 9 novembre 1942 de la poignée de main entre Pétain et Hitler, l'hebdomadaire disparait dès la Libération.
Certains hors-séries sont parus lors d'événements mondiaux comme, par exemple, la mort de Clémenceau en 1929, le Normandie en 1935.
Les numéros spéciaux, quant à eux, font partis des publications annuelles. Par exemple, les 52 numéros sur le Salon de la Peinture, les 53 numéros sur Noel, etc.
« L'Illustration » a connu des rédacteurs prestigieux comme Georges Sand, Pierre Loti ou d'illustrateurs célèbres comme Mucha, Lalique.
De nombreuses publicités étaient également présentes.
En raison de la profusion d'exemplaires sur le marché, les hebdomadaires se chinent aux alentours de 5 euros. Seul le n°5076 est devenu rare car il a été conçu et imprimé pendant l'Exode.
Quant aux numéros spéciaux et hors-séries, ils se chinent entre 25 et 40 euros.
Avant tout achat, il faut bien vérifier que toutes les pages sont présentes. En effet, certains collectionneurs recherchant simplement les publicités ou les illustrations d'auteurs renommés, les numéros peuvent être incomplets.


La Bakélite

La bakélite est une résine entièrement synthétique mise au point en 1907 par un chimiste d'origine belge passionné par la photo, Léo Baekeland. D'où le terme de bakélite.

Cette géniale invention va tout d'abord être utilisée pour ses propriétés isolantes. Elle sert à la réalisation d'interrupteurs électriques (jusqu'alors en porcelaine), de poignées de casseroles, de cendriers ou d'appareils ménagers. Il n'est pas alors encore question de bijoux : la bakélite, à l'origine de couleur foncée, est jugée austère, artificielle et indigne de bijoux.

Mais la crise de 1929 survient. Les bijoutiers et les grands couturiers sont obligés de délaisser les matières précieuses au profit de cette résine synthétique peu onéreuse. De nouveaux coloris apparaissent : le rouge, le vert, l'orange...Dans les années 1930, la Bakélite devient tendance et est à son apogée.

Puis de nouveaux plastiques sont inventés. La Bakélite tombe en désuétude. Elle connaît cependant un second souffle aujourd'hui, avec la mode des vêtements et accessoires "vintage".

Il est très difficile pour un non-initié de distinguer la Bakélite d'une autre matière plastique. Cependant, la Bakélite n'est pas une matière uniforme. Elle présente toujours de discrètes marbrures. Au toucher, la Bakélite n'est pas lisse. Elle est légèrement rugueuse.
Autre indice : son odeur. Quand on la frotte vigoureusement avec un chiffon doux, une étrange odeur de fil électrique brûlé s'en dégage dû à la présence de phénol, un produit chimique qui entre dans sa composition. 

La Bakélite ne fond pas lorsqu'elle est en présence d'une source de chaleur contrairement au plastique.

Des bijoux en Bakélite peuvent se chiner entre 8 euros pour des bagues tout simple jusqu'à 500 euros pour des bijoux de grands couturiers.

Le prix des postes radio varient entre 50 et 7000 euros en fonction de l'ancienneté et de l'état

(Source : Bien chiner de Sandra Tortora)

L'ivoire

Cliquez pour agrandir l'imageL'ivoire est une substance dure, blanche, opaque qui est la matière principale des dents et des défenses d'animaux comme l'éléphant, l'hippopotame, le morse, le narval, le cachalot, le phacochère. En France, seul la défense d'éléphant mérite l'appellation d'ivoire.
L'ivoire a toujours été un matériau précieux, sculpté depuis plusieurs millénaires par l'homme. En raison de son origine animale, la récupération d'ivoire a constitué une véritable menace pour les espèces qui en sont pourvues. Il existe une interdiction internationale du commerce de l'ivoire depuis 1989
Avant l'introduction du plastique, l'ivoire était utilisé pour fabriquer des objets usuels : billes de billard, touches de piano, boutons, éventails, manches de couvert, reliures de livres. D'une manière générale, la structure de l'ivoire peut être comparée à celle du bois.

Imiter l'ivoire

La faible disponibilité de l'ivoire incite les protecteurs des éléphants et les faussaires à développer des techniques poussées pour imiter l'ivoire :

    * L'ivoire végétal : Cette appellation désigne en réalité une graine très dure, le Corozo, qui provient de certains palmiers de Colombie ou d'Equateur.
    * Le Celluloïd : Lors de la Guerre de Sécession aux Etats-Unis, les sudistes ne peuvent plus importer pas même l'ivoire. Deux riches industriels décident d'organiser un concours et promettent une récompense à celui qui inventera un substitut. Ce sont les frères Hyatt qui mettent au point le Celluloïd en 1870. La première matière plastique a ainsi vu le jour.
    * L'ivoirine : l'ivoirine est fait de l'ivoire « reconstitué ». Les débris d'ivoire résultant de la taille des objets sont réduits en poudre et mélangés à un liant. Le mélange ainsi obtenu –genre pâte à pain- est ensuite coulé dans un moule. Par son aspect lisse et l'impossibilité de déterminer le pourcentage de poudre d'ivoire présent dans la pièce (sans la détruire) font que les objets en ivoirine sont apparentés à des objets en celluloïd ou en résine plastique.
    * L'os : L'os, par son aspect proche de celui de l'ivoire (plus poreux, il laisse apparaître des petits trous facilement décelable à la loupe)) , a toujours été un substitut bon marché de l'ivoire. Mais avec le temps l'os -de bœuf et de chameau notamment- jaunit et sa structure ne permet pas de réaliser des objets d'art aussi finement sculptés que ceux en ivoire.

Reconnaitre l'ivoire

L'ivoire pèse plus lourd qu'un objet en plastique, l'ivoire étant beaucoup plus dense. L'ivoire présente des veines irrégulières (comme celles du bois). L'astuce consiste également à approcher une aiguille chauffée. Si l'ivoire ne brûle pas, le celluloïd, par contre, est très inflammable et dégage une mauvaise odeur !





Les flacons de parfum

Cliquez pour agrandir l'imageLes flacons appartiennent à l'univers du raffinement, du luxe, de l'élégance. Le parfum est lié à la féminité, à la séduction, au charme des souvenirs olfactifs.

Les couturiers, les fourreurs et les bijoutiers décidèrent, dans les années 1920, d'associer l'image luxueuse de leur marque à un parfum. Les fabricants multiplièrent les noms évocateurs comme Partir, Nymphes et Saphir, Tendre Nuit, etc.

Les flacons furent confiés à l'imagination des plus grands faiseurs.

François Coty fut le premier à faire appel à un maitre verrier, René Lalique, pour la création de son parfum en 1910. En 1920, Jules Viard dessina pour Muse des bois, de Rigaud, une ronde des femmes sur un flacon de verre émaillé. En 1932, le fourreur Max eut recours à la Cristallerie Baccarat. Schiaparelli confia au talent de Salvatore DALI le soin de créer la ligne du célèbre « S » de Shocking. Après la guerre, Fath, Carven, Rochas suivirent l'exemple de leurs ainés et Courrège, Cardin, Chanel. Et le parfum entra dans la confection lorsque Cacharel lui ouvrit sa porte. LE verre étant à l'argent ce que le cristal est à l'or, les cristalleries de Nancy, de Saint-Louis, et de Baccarat, en produisant depuis le XIX ème siècle.

Plusieurs thèmes peuvent être collectionnés : celui des couturiers (Lanvin,  Guerlain, etc.), le plus vaste. Celui d'un seul parfumeur comme Lancôme qui offre un éventail très large. Celui d'un seul fabricant, Lalique ou Baccarat par exemple.

Des rééditions en verre ont été proposées par certains parfumeurs dont Patou, Guerlain ou Lancôme. Ces rééditions sont identifiables par leur « cul » en verre sur lequel des traces de moule sont visibles ainsi que des inscriptions détectables au toucher.

La valeur des flacons de parfum peut varier du simple au double. Les flacons récents d'eau de toilette Yve Rocher par exemple se chine à partir de 1 euros. Ceux de Baccarat, Orsay, Guerlain des grandes séries se trouvent aux alentours de 200 ou 300 euros.
Le flacon « Coque d'or » de Guerlain, 1000 euros. « Aux cariatides » de René Lalique, 2 500 euros. Et presque 4 000 euros pour « Cyclamen » d'Élisabeth Arden.

Un salon consacré aux flacons de parfum a lieu chaque année en juin à Milly-la-forêt (77)

Le château de Chamerolles sur la commune de Chilleurs aux bois (45) accueille un musée des parfums das son aile sud. Ce musée regroupe un ensemble de pièces et d'objets uniques témoignant de l'histoire du parfum et de l'hygiène au fil des siècles.  A décourvir absolument !

Château de Chamerolles
45170 Chilleurs-aux-Bois
Tel. : 02 38 39 84 66
Fax : 02 38 39 45 59
Courriel : chateau.chamerolles@loiret.fr

Les tourne-disques TEPPAZ

Marcel Teppaz fabriquait, depuis 1931, des amplificateurs qui pouvaient devenir des postes émetteurs. En 1940, sous l'occupation allemande, leur fabrication fut interdite. Dans l'obligation de se reconvertir, Teppaz lance le premier tourne disque en 1941. Installé dans une caisse en bois, un plateau pouvant recevoir les 78 tours, sort en glissant sur son socle lorsqu'on ouvre la porte frontale. Celui-ci doit être branché sur un poste radio.

Viennent ensuite les modèles de la gamme 610, ECO, Oscar, etc. intégrés dans une mallette et donc transportables.

Dans les années 1950 elle est le symbole des surprises-parties et, dans les années 1960, de la musique yéyé.

La gamme 610 est fabriquée de 1945 à 1952 : Mallette type valise rectangulaire, couvercle avec 1 haut-parleur. Revêtement gainage tissu enduit noir, coins métalliques. Platine en tôle laquée beige.

La gamme ECO est fabriquée à partir de 1952 : Mallette type valise rectangulaire en carton bouilli avec coins arrondis, couvercle avec haut parleurs, revêtement skaï, pour jouer les 45 et les 33 tours.

La gamme Oscar est le modèle le plus célèbre avec sa forme trapézoïdale aux angles très arrondis et son couvercle bombé. Fabriqué de 1959 à 1964 pour la première génération et de 1963 à 1968 pour l'Oscar II qui est reconnaissable à la forme carrée - et non plus ronde - de la grille de son haut-parleur à l'intérieur du couvercle. Puissance 3 watts.

La gamme Présence est fabriquée de 1955 à 1962 : Mallette de forme rectangulaire aux angles arrondis avec une poignée de type valise. Poids 5,750 kg. 4 vitesses : 16, 33, 45,78

Les six derniers modèles de l'ère Marcel Teppaz sont le 448 (six haut-parleurs et pesant près de 10 kg), l'Octave en 1960 (suivi en 1961 par l'Octave Stéréo et de l'Octave Sénior), et le Tourist et le Transit radio (électrophone et radio à la fois) pour terminer en 1963.

Les usines, situées à Montgivray dans l'Indre ainsi que sur le plateau de la Croix Rousse à Lyon, étaient considérées comme les plus modernes de France.

Si vous souhaitez voir le reportage tourné en 1957 sur la fabrication de ces électrophones, cliquez sur le lien suivant : http://www.ina.fr/video/CPF89005112

D'autres modèles sont vendus après la mort de Marcel Teppaz en 1964. Comme, par exemple, la gamme Teepy (modèle de forme rectangulaire fabriqué de 1972 à 1978 dont les couleurs sont rouge tracteur, mauve. et jaune poire), la gamme Longistyle (fabriquée à partir de 1967 pour le modèle Balad et 1968 pour le modèle Radio-balad avec poste de réception AM FM).

La marque Teppaz a été rachetée en 1998 par Jean-Claude Sensamat, président de la société de ce nom, basée dans le Gers, avec l'intention de l'utiliser sur sa gamme audio, autoradio et ses accessoires pour la téléphonie. Il a déjà racheté en 1990 la marque d'horlogerie Lip, puis le nom du clown Achille Zavatta pour vendre des vélos d'enfants à des centrales de jouets.

Le prix d'un Oscar ou d'un Transit en bon état est d'environ 150 euros. Il faut compter 200 euros pour un Octave ou un Oscar Sénior (modèle de luxe de l'époque)

Le linge ancien

Au moyen-âge, le linge de maison est chiffré c'est a dire brodé des initiales de son propriétaire, afin d'être identifié à la sortie du lavoir communal. 
 
Après la Révolution, afin de copier les armoiries de la noblesse, les bourgeois font « chiffrer » leurs argenterie, leur vaisselle, leur verrerie et leur linge. En y apposant leurs initiales, ils prouvent ainsi qu'ils ont du bien. Cela deviendra également une façon de prouver le savoir-faire des filles à marier.

Riches ou pauvres, toutes les familles sacrifieront à cette habitude. Ici, les amies de la future mariée iront, en secret, voir le trousseau qui comprend toutes les pièces de tissu participant au plaisir de la table : nappes, napperons de table, serviettes. Là, les intimes entreront dans la chambre nuptiale pour admirer le linge dans l'armoire ouverte à deux battants. Ailleurs, le trousseau traversera le village sur des charrettes décorées.
 
Cette tradition se perd peu à peu, avant de ressurgir au XIX ème siècle, avec le fameux trousseau de mariage.

En ville, l'Œuvre du trousseau offrait le linge à chiffrer à celles qui, de 8 à 21 ans, avaient eu la sagesse de verser chaque mois, quelques deniers à l'association. Et dans les campagnes, le père plantait quelques arpents de lin pour que ses filles puissent le filer afin d'avoir, elles aussi , leur trousseau
 
Il est alors parfaitement inconcevable pour une jeune fille, qu'elle soit issue d'un milieu aisé ou plus modeste, de se marier sans un trousseau digne de ce nom. Dès son plus jeune âge, elle apprend l'art de la couture et de la broderie . Pour s'entrainer à broder leurs initiales, les demoiselles à marier réalisent alors de très nombreux abécédaires .Les oublis de lettre sont volontaires et constituent la preuve que l'abécédaire n'a pas été réalisé en usine.  En  effet, le graphisme de certaines lettres doublonnent avec d'autres. Si la jeune était parvenue à broder un V, on considérait qu'elle savait réaliser le W. Idem pour le O et le Q.

La future mariée accumule ainsi, au fil des ans, des draps, des torchons, des serviettes ou encore des nappes, brodés de ses initiales, puis celles du futur époux.  Certains trousseaux comportaient ainsi plus de cent pièces de linge. Cette tradition va perdurer jusque dans les années 1930. La broderie mécanique est alors en plein essor, et les jeunes filles ont bien d'autres préoccupations.

Chez les bourgeois et les nobles, les nappes sont brodées de fils de soie de toutes les couleurs ou de fil d'or sur de la soie. Jusqu'au XIX ème siècle, on utilise le lin, enrichi ou non de broderies ou de dentelles, et le métis, mélange de lin et de coton.

Le saviez vous ?
 
Depuis des décennies, le mois de Janvier est surnommé le mois du blanc. En connaissez-vous l'origine ? nous sommes au début du XX ème siècle. Aristide Boucicaut souhaite acquérir un terrain pour y bâtir le Bon-Marché. Mais il ne parvient pas à réunir la somme nécessaire. Alexandre Turpault, célèbre fabriquant de linge de maison lui avance les fonds. En échange, il souhaite exposer "son blanc" chaque année au "Bon Marché". Un siècle plus tard, cette tradition est toujours d'actualité.
 
Comment dater  le linge ancien

Les pièces de linge antérieures aux années 1890 a quasiment disparu car ces dernières étaient utilisées jusqu'à usure totale.  Cependant, des draps, des serviettes ou des nappes des années 1890 à 1940 dans des matières comme le lin , le coton, le métis ou encore le chanvre  peuvent encore être chiner.

Les draps du XIX ème siècle ne sont jamais réalisés d'une seule pièce. Ils sont tous une couture apparente au centre, car les métiers à tisser de l'époque étaient trop petits. Deux pans de tissus étaient donc nécessaires. Concernant les motifs, avant 1920, la tendance étaient plutôt aux fleurs, feuillage, volutes.  Vient ensuite, les motifs géométriques ajourés. 

Sur le linge de table des XVIII et XIX ème siècle, les nappes sont brodées d'initiales au milieu, ou doublées à droite et à gauche par rapport au centre. Le monogramme du mari est devant celui de la femme. Trouver un seul monogramme signifie que la promise a brodé son trousseau avant de connaître son fiancé. Les serviettes de tables sont brodées au milieu. Lorsqu'elles sont marquées dans un coin avec du fil rouge, au point de bourdon ou de croix, il s'agit de serviettes dépareillées.
 
Valeur
 
Plusieurs critères sont à prendre en compte : l'état de conservation, la finesse, la complexité des motifs et l'ancienneté.
 
Pour une nappe en damassée avec 6 serviettes : environ 150 euros. Si elle est de couleur, il faut compter environ 80 à 120 euros.

Le linge blanc en lin en très bon état peut grimper jusqu'a 300 euros.

Les abécédaires selon leur taille et le nombre de motifs peuvent valoir de 30 à 200 euros.


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